GOSPEL, Direction Afrique

On dit Gospel, on pense Amérique. Ce n’est pas faux mais ce n’est pas totalement vrai…le Gospel c’est aussi l’Afrique, le rapprochement de deux cultures noires provoquant une forme de retour aux sources.

L’évangélisation chrétienne américaine

Tout d’abord, historiquement l’évangélisation chrétienne américaine atteint les côtes africaines dans les années 30 avec les chants des missionnaires. Ainsi, un mélange s’opère et donne naissance à des chants Afro-Gospel. L’un des exemples est le chant angolais « Kumbaya My Lord » qui est au répertoire de Gospel’ère.

Le Gospel Africain connait un succès sans précédent aujourd’hui sur tout le continent africain. Il fait même l’objet de différents événements dont un festival dédié au Bénin. C’est devenu un véritable phénomène de société, il remplit les stades dans toute l’Afrique et s’organise à travers ses propres concours.

Le quatuor congolais : les Palata Singers

Un des premiers groupes à avoir fait découvrir internationalement le gospel africain est le quatuor congolais : les Palata Singers. A l’instar du Golden Gate Quartet mais avec des paroles en Kicongo, ils renouvellent cet art né aux Etats-Unis mais précédemment maturé en Afrique. Les productions Disney ne s’y trompent pas en confiant au leader du groupe, Marcel Boungou, l’une des premières voix dans « Le Roi Lion ». Ils proposent un Gospel généreux, enthousiaste.

Un succès grandissant

Le succès du Gospel Africain témoigne de l’internationalisation de l’universalité de ce chant. Il a assimilé et subi l’influence de la musique religieuse afro-américaine sans renier ses racines africaines et met en valeur un répertoire constitué des classiques du Gospel : Down By the Riverside, ou Swing Low, Sweet Chariot, et de chants traditionnels africains (Ngema Y Mfumu). Les messages y sont chaleureux et sincères, comme le chant kenyan au répertoire de Gospel’ère « Amezaliwa Bwana »

Il est très présent dans tous les pays christianisés et compte bon nombre d’artistes internationalement reconnus comme les sud-africains Rebecca Malope, ou le groupe Black Mambazo. Ce dernier croise Gospel et Isicathamiya (style de chant a capella, provenant desZoulous d’Afriquedu Sud)qui a décroché plusieurs Grammy Awards aux Etats-Unis.

D’autres pays africains à l’honneur

  • le Nigéria, par exemple, s’impose sur la scène internationale avec des artistes comme Laza George, Franck Edward, le rocker de la scène Gospel. 
  • Le Congo qui joue la carte de la mixité avec des femmes talentueuses qui incarnent une autre génération. En effet, cette génération a permis à la musique Gospel de sortir des églises et d’aller chercher des fans ailleurs. C’est un Gospel qui s’urbanise et prend des couleurs jazz, hip hop ou rock.
    • Deborah Lukalu : Law Braker, Awesome God, Ba Kombole Ebele, We testify
    • Sandra Mbuyi qui impose un style mélange de musique gospel traditionnelle et de modernité de plus en plus accrue 
    • Dena Mwana, un vent de fraicheur pour le gospel congolais. Appréciée par une jeunesse branchée, son tube Nzambe Moneme est une reprise de Awesome de l’américain Charles Jenkins (The Best of Both Worlds, Think about these things)
    • Acsa Olangi avec un répertoire plus liturgique 
    • Amanda Malela, nouvelle star du Gospel avec son titre Kunama qui est une ode à l’amour et accessoirement titre le plus joué dans les mariages. Elle se démarque par son Gospel mixé à d’autres sonorités comme l’Afro Pop, la Soul ou encore le RnB. Elle chante aussi bien en Anglais, qu’en Français, Lingala et autres langues locales.
Amanda Malela-Kumama

le Gospel comme un chant universel

Pour conclure, quand le 10 Février 2019, le Soweto Gospel Choir remportait avec son album « Freedom », le Grammy Award du meilleur album de Musique du Monde, la chanteuse Mary Molobetsi a hurlé à pleins poumons, l’hommage à Nelson Mandela.

A juste titre, cet album représente ce qu’est le Gospel Africain. Il donne aux chansons de lutte pour la Liberté une touche de modernité. Si une grande partie de la musique du Soweto Gospel Choir est composée et arrangée dans des langues sud-africaines, y compris le zoulu, le xhosa et même l’afrikaans, il a pourtant conquis un large public.

Cela confirme le Gospel comme un chant universel pour la liberté et le respect.