LE CHANT POUR PASSION ? PORTRAIT de LUCILE DESRATS, NOTRE CHEF DE CHŒUR

Vous êtes sans doute nombreux à vous demander qui est « vraiment » notre chef de choeur : ses passions, sa vision du Gospel, son parcours… Lucile a accepté de se prêter au jeu de l’interview et a répondu aux questions d’Emma.

Gospel’ère : Bonjour Lucile. L’objectif de cet échange est de mieux te connaitre, de dresser ton portrait, de te découvrir au-delà de ce que nous pouvons capter furtivement lors des répétitions ou des représentations. Nous avons imaginé pour ce portrait le titre suivant : « le chant pour passion ». Qu’en penses-tu ?

Lucile Desrats : Plus que le chant, la musique est ma passion et notamment le violon.

Gospel’ère : Cette passion Lucile, quelle est sa source ? Une tradition familiale, un professeur charismatique…une erreur d’orientation du CPE ?

Lucile Desrats : Depuis toute petite, je vis dans la musique. Ma mère nous chantait des chansons, mon grand frère jouait du violoncelle. Aussi dès 3-4 ans, j’ai « choppé le virus » et je n’ai vraiment commencé le chant que lorsque j’étais à l’Université.

LuluBye : Lucile Desrats et Julien Daude

Gospel’ère : tu es la chef de chœur de Gospel’Ere, mais nous savons que tu es également présente auprès d’autres chorales. Quelles sont ces chorales et qu’est-ce qui motive tes choix ?

Lucile Desrats : En vérité ce sont plutôt les Chorales qui me choisissent. Je travaille avec trois chorales différentes : un Chœur d’étudiants, une Chorale «Tout Terrain » et « Chantons en Famille », un ensemble où les enfants chantent avec leurs parents (1).

Je suis triste de constater que les jeunes enfants ne connaissent plus les comptines.

Gospel’ère : Avec des agendas surchargés, on parle pour tous, petits et grands, d’une forme de pression et d’un besoin de se reconnecter à nous même. Les activités artistiques sont-elles un bon moyen d’y parvenir ? quelle est ta vision ?

Lucile Desrats : La musique est effectivement une bonne thérapie. Elle m’accompagne chaque jour, elle est toujours présente. Je pense qu’au-delà d’écouter de la musique, en jouer est encore plus épanouissant.

Sur la place de la musique, c’est un outil de transmission que nous devrions davantage intégrer dans notre quotidien. Je suis par exemple triste de constater que les jeunes enfants ne connaissent plus les comptines.

Gospel’ère : Avec deux heures par semaine de répétition (comme dirait Souchon, c’est déjà ça !), tu as enrichi le répertoire de chants avec des sonorités plus Country ou Africaines. Comment orientes-tu tes choix ? Quelle est ta vision du Gospel ? 

Lucile Desrats : Je fais énormément de recherches et pas seulement dans les classiques du Gospel traditionnel. En effet, pour être intégré au répertoire de Gospel’ère, le chant doit me parler, il doit me faire vibrer. Je veux éviter la lourdeur, je souhaite de la dynamique, exprimer le côté joyeux du Gospel.

Gospel’ère : Quand on dit Gospel, on pense voix grave. le Gospel qui est un chant universel, on vient de l’évoquer, ne peut-il pas accueillir toutes les voix ?

Lucile Desrats : Bien sûr, le Gospel peut accueillir toutes les voix et à Gospel’ère c’est ce que nous faisons. En réalité ce sont les choristes qui s’adaptent à toutes les voix. Par exemple, une voix soprane n’est pas cantonnée dans son pupitre. Elle peut chanter dans un autre pupitre selon son envie, son souhait d’interprétation du chant.

Gospel’ère : Si tu avais un ou des conseils, recommandations à donner aux Choristes pour parfaire leur apprentissage du chant Gospel, quels seraient-ils ? et pour ceux qui voudraient nous rejoindre y-a-il des pré-requis ?

Lucile Desrats : Il n’y a aucun prérequis, si ce n’est celui d’avoir envie de chanter. Si je devais formuler une recommandation ce serait d’écouter très régulièrement du Gospel et plus encore du Négro Spiritual, sans que cela devienne toutefois une contrainte.

Gospel’ère : Dans le répertoire actuel de la Chorale, quel est ton morceau préféré ?

Lucile Desrats : Je les aime tous, pour leurs différences, leur singularité propre.

(1) Lucile intervient également au sein du duo LuluBye. « c’est une voix, une contrebasse et de la musique jazz. La voix, c’est celle de Lucile Desrats, l’instrument est joué par Julien Daude. Ces deux-là, complices et passionnés, s’entendent sur scène pour créer un moment intense de musicalité, s’acquittant avec bonheur du fragile exercice du duo. »